0 5 min 1 mth

L’esprit humain à du mal à comprendre les troubles… de l’esprit humain. Il est déjà trop auto-centré pour faire la part des choses.

Les principales maladies psychiatriques échappent à l’entendement du grand public et de ce cinéma qui les abreuve des lieux communs débiles. Ce qui fait qu’un certain obscurantisme demeure et même prolifère.

Le principal écueil vient du déterminisme réducteur de la psychologie de comptoir. A chaque tourments de l’esprit, il y a une cause dans l’histoire de l’individu. Et sitôt la cause identifiée il suffirait de l’extraire. Ce sont les sornettes classiques de la psychanalyse qui s’est donné pour but d’expliquer le monde à partir de conflits de l’enfance.

Si de nombreuses maladies mentales lourdes apparaissent sans prévenir et que les médicaments modernes font bien plus que la blaba, il reste en effet un domaine très particulier de pathologies mentales qui dépendent d’un problème organique bien identifiable.

***

Parmi celles là, il y a cette porphyrie qui aurait atteint le roi George III d’Angleterre. Au centre de cette affaire il y a un gros problème métabolique héréditaire. Et les examens biologiques modernes peuvent parfaitement en identifier les causes.

La Porphyrie ! Il fallait y penser.

«  Les porphyrines donnent une coloration rouge porto à l’urine qui est particulière aux porphyries et constitue un élément important de diagnostic de la maladie »

A noter que cette coloration est révélée par une longue exposition à la lumière. Cela marche aussi pour les selles. Le générique final parle de porphyrie congénitale. Le diagnostic est très souvent différé en raison du polymorphisme des symptômes. On cite souvent en premier des douleurs abdominales. Et c’est le cas ici.

Gros bémol tout de même : l’hypothèse que le roi George III d’Angleterre était atteint de porphyrie nourrit une polémique scientifique. La relecture des annales et du dossier médical oriente plutôt vers des accès de psychose maniaco-dépressive. Ce qui ramène à mon point de départ.

***

Reprenons ce vieux traité de psychiatrie de Henri Ey qui a accompagné jadis mes études :

TROUBLES MENTAUX DANS LES PORPHYRIES

« La porphyrie est une maladie métabolique familiale héréditaire dominante. C’est dans sa forme aiguë intermittente qu’on rencontre des troubles mentaux.

La porphyrie aiguë est une maladie très rare atteignant l’adulte jeune avec une prédominance dans le sexe féminin.

Le diagnostic de porphyrie aiguë intermittente est fait sur l’association de trois ordres de symptômes : troubles abdominaux essentiellement douloureux ; vomissements, constipation ; troubles neurologiques (inconstants), paralysie ou parésie de répartition variable, prédominant dans la région proximale des membres inférieurs (abolition des rotuliens, conservation des achilléens) prenant souvent aux membres supérieurs l’aspect d’une paralysie radiale saturnine. En somme syndrome polynévritique à forme quadriplégique.

Quant aux troubles mentaux (20 % des cas de porphyrie aiguë), ils sont extrêmement polymorphes ; état névropathique, caractère hystérique, troubles de l’humeur ou du caractère, troubles dépressifs, état confusionnel avec onirisme parfois pouvant rappeler le delirium tremens, en somme tableau psychiatrique extrêmement polymorphe. L’évolution est irrégulière, par poussées brutales et courtes, dont le tableau est variable chez un même malade. Le diagnostic se fait par la coloration foncée, rouge, des urines dans lesquelles l’examen montre la présence d’uroporphyrine III.

En fait il existe encore de nombreuses obscurités en ce qui concernant le mécanisme de la porphyrie elle-même que la relation de cause a effet de la porphyrie et des troubles mentaux. Il faut retenir le rôle provocateur des barbituriques. »

***

Voyons à présent la phase maniaque (manie) de la psychose maniaco-dépressive ( trouble bipolaire ) :

Une personne en phase maniaque est anormalement euphorique, énergique, hyperactive ou agressive. Elle est exaltée et conçoit une confiance déraisonnable en elle-même. Elle n’a plus d’inhibition, fait ou dit ce qui lui passe par la tête, sans se soucier des conséquences de ses actes et de ses propos. Elle a une très haute opinion d’elle-même et ne supporte aucune critique. Elle est irritable et s’emporte pour un rien.

Sa pensée est accélérée. Elle parle beaucoup, suit plusieurs idées à la fois, passe volontiers du coq à l’âne. Elle fourmille de projets souvent incongrus, bouge sans arrêt, ne se sent jamais fatiguée. Elle peut oublier de manger pendant plusieurs jours et dort peu. Ses pulsions sexuelles sont accrues. Cet état peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Certains malades apprécient ces épisodes maniaques au cours desquels ils se sentent invincibles et pensent que rien ni personne ne peut leur résister. Quelques-uns se révèlent d’ailleurs très performants professionnellement ou très créatifs, au cours d’une phase maniaque. Mais la manie a surtout des conséquences négatives. La personne peut agir de façon irréfléchie et provoquer de véritables bouleversements dans sa vie (quitter son emploi ou faire des dépenses inconsidérées, par exemple). Il arrive que des personnes souffrant de troubles bipolaires finissent par avoir des démêlés avec la justice pour des délits commis lors de phases maniaques.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Porphyrie

https://www.vidal.fr/maladies/psychisme/trouble-bipolaire.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_bipolaire

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *