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MISE EN GARDE : Attention, ce qui suit est un retour d’expérience sur du fentanyl thérapeutique, tel qu’il est utilisé dans le cadre des douleurs irréductibles, pour ce qu’on appelle les longues maladies. Le fentanyl dans les usages non médicaux est extrêmement dangereux et addictif. Vous ne devez jamais essayez cette molécule en dehors de prescriptions spéciales et sans indications légitimes.

Prise d’un patch 12.5 (la plus petite dose).

« Je me sens « moyen », mais pas trop mal. C’est une sorte de vécu floconneux. Et je passe 80 % de mon temps au lit, dans cette ambiance douillette. L’idée de me lever me prend une vingtaine de minutes de cogitation, avec parfois retour à la case sommeil. Mais le principal, c’est que les douleurs dues aux métastases osseuses ont clairement régressées. »

« Cependant, il se passe un truc vraiment curieux et qui n’est pas sans rappeler mes problèmes avec la morphine, lorsque j’étais hospitalisé. Il y avait alors des rêves « lucides » bizarres et pas mal angoissants. Avec la morphine, c’était bien pire qu’avec ce patch d’aujourd’hui, car il y avait de la dépersonnalisation extrême et des cauchemars hallucinants. Je me suis retrouvé ainsi au banquet de Platon, mais le sujet n’était pas cette fois l’amour mais la mort. L’ambiance y était insupportable. La morphine me fait terriblement peur et je l’exclue désormais. »

  • J’ai eu l’occasion de discuter avec un ponte d’un grand centre antidouleur. Il m’a suggéré d’autres types de morphine. Il paraît que les résultats peuvent être très différents. Ce centre participe à l’évaluation du cannabis thérapeutique. Mais l’étude exclue d’emblée les douleurs des cancéreux. Ce qui est vraiment étonnant. Les premiers résultats ne sont pas vraiment emballants m’a-t-il confié ».

« Le Fentanyl partage pas mal de chose avec la morphine, mais globalement je le supporte mieux. J’en reviens à un point commun troublant ; les rêves. Bon d’abord je dors beaucoup et c’est plutôt agréable. Je paresse, je ferme les yeux et je m’endors de façon superficielle mais de manière très rapide…. et puis il y a une sorte de collision entre la réalité et une sorte de rêve éveillé ou un rêve tout court. »

« Pour situer la réalité, il faut dire ici que je suis entrain de faire une marinade citron de coquelet, à laquelle j’ai rajouté du bouillon de poulet. Vous verrez ce n’est pas un détail. Chaque fois que je m’endors j’ai une « sorte de visite » d’un bonhomme Royco, qui dans mon souvenir finit par avoir quelque chose de Woody Woodpecker. Son visage « humain » tend à se transformer en poulet avec un nez de plus en plus pointu, au point d’évoquer un bec. Ce nom de Royco® doit correspondre à un vague souvenir d’une époque très ancienne, où l’on parlait de bouillon Royco. Ce sont visiblement de très anciens souvenirs d’enfance, car je ne crois pas avoir acheté de ma vie un tel produit. »

« Ce rêve ou plutôt ce mini-cauchemar est troublant. Espérons que je n’entre pas à nouveau dans cette franche angoisse de cauchemar et de dépersonnalisation, qui ont été les problèmes avec la morphine. Bon, on n’en est pas là et pour l’instant tout cela reste supportable, voire exotique et rigolo»

Le lendemain de la pose de ce patch qui couvre 72 heures, ce bon Royco avait disparu.

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