0 4 minutes 4 semaines

Mort précoce.

Jim Morrison est mort à Paris, à 27 ans comme quelques autres. Voilà un douteux privilège pour la France.

Comme je l’ai dit ailleurs, il se trouve que juste avant de visionner le concert de 1970 au Festival de l’île de Wight, j’ai retrouvé, sans même les cherchez, des photos que j’avais pris de jeunes hippies devant la tombe de Morrison au cimetière du Père-Lachaise. On peut tout faire dire à de simples hasards.

Poésie et dépression.

Il fut indéniablement un poète. Ce terme est très galvaudé. La supposée « poésie » cache mal ce qui n’est que le plus souvent de la mièvrerie. Mais chez Morrison, c’est exactement le contraire de ces prestations sirupeuses. Le breuvage et fort et amer. Est-ce que cela traduit forcément un caractère dépressif ? Oui dans la mesure où la plupart des grands artistes, seraient du clan des maudits. Et non si l’on veut rabaisser la créativité au rang d’échappatoire de la maladie.

Stade d’opposition.

Jim Morrison était un activiste anti-guerre au Vietnam. Alors que son père était officier de l’US Navy. The Unknown Soldier, « the war is over ».

Jeune perturbé.

Il y a toujours eu une certaine dose d’insociabilité chez Jim. On ne va pas pour autant tomber dans le psychologisme, dans sa branche para freudienne, empêtrée dans le j’accusisme familial. A part chez quelques archéo-psychanalystoïdes, ça c’est dépassé fort heureusement.

« Father, I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long » est un pied de nez à ce courant. En tout cas, moi je le vois comme cela.

Violence subie et violence du personnage.

« Indians scattered on dawn’s highway bleeding / Ghosts crowd the young child’s fragile eggshell mind. »  No comments.

Ses mots sont violents, ses actes de moins en moins avec le temps. Mais il est régulièrement dans une forte provocation. Ce qui lui vaut des inculpations pour divers « outrages ».

Il adore lire. A 15 ans, il découvre le roman de Jack Kerouac On the Road (Sur la route). C’est tout dire. Ce qui l’ont lu me comprendront. Il monte d’un cran avec les écrits de Allen GinsbergLawrence Ferlinghetti. Pour le comprendre, il faut apprécier son indiscutable intelligence et sa grand culture philosophique et littéraire.

Théâtralisation et hystérie

L’ensemble de son œuvre est une performance théâtrale bien que musicale.

  • Il a été proche du Living Theatre, qui tenez vous bien, a joué aussi dans ma bonne vieille ville de Mulhouse. J’y étais et j’ai vu la provocation de Julian Beck, avec dans la salle des bourgeois bien content d’affronter et de supporter cela. Une sorte de tourisme culturel des abîmes et des sommets.

Drogue, alcool et Rock ‘n’ roll.

Il faut bien percevoir dans son cas, la différence entre ce qui relève des addictions, du côté expérimental type LSD, voire du chamanisme psychédélique. Laurel Canyon est le lieu de toutes les envolées et de tous les dangers.

Il a eu les deux mais l’un après l’autre. Son alcoolisme était « terminal ». Et l’overdose « suicidaire » de drogue fut fatale, sur une santé déjà précaire (emphysème, problèmes cardiaques…)

Boire pour « Parlez aux cons » : « I drink so that I can talk to assholes. This includes me. »

On note aussi une volonté d’autodestruction qui se manifeste d’abord par son éloignement tardif des Doors. Il y a aussi ce laisser aller comme pour cette prise de poids sensible.

borderline

On l’a décrit comme borderline, un concept psychiatrique qui par nature est en porte à faux. Dans certains cas cela oscille de la névrose à la psychose.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Morrison

https://fr.wikipedia.org/wiki/Living_Theatre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *