0 5 minutes 1 mois

Le film Zéro :

C’est un travers du cinéma indien que de ne pas savoir se limiter sur la durée. Oui « size matters » mais pas dans le sens qu’on croit. 164 minutes, c’est trop quand on a si peu à dire. Ici le plus court est l’ami du bien.

Par un étonnant trucage, Shahrukh Khan se retrouve à la fois de petite taille et bien plus jeune. Ces effets spéciaux sont bluffants… mais ennuyeux à la longue.

Le sujet principal concerne la difficulté d’un « nain » à trouver une compagne, hors une femme savante mais handicapée, Anushka Sharma.

  • Mais l’aspect « plus jeune » du « vieux » Shahrukh, que l’on doit aussi à un bon usage des corrections informatisées, est un petit plus qui prolonge la durée de vie de l’acteur d’autant.
  • N’oublions pas que le Shahrukh de Devdas (2002) avec Aishwarya Rai, est une des personnes les plus vues et plus en vue de Bollywood et ce depuis les années 90.

Le mini-Shahrukh Khan se moque publiquement de cette Anushka handicapée en fauteuil mais il se repentira et reviendra la voir et la draguer. Par la suite il tergiverse et finit par désirer davantage la valide Katrina Kaif. Une vedette au physique de rêve, qu’il a rencontré lors d’un concours de dense. Mais bien entendu la « moraline » voudrait qu’il revienne à sa Anushka la « déformée ». Éloge de la beauté intérieure en quelque sorte.

Le film se perd sur Mars.

C’est le film le plus coûteux avec Shahrukh Khan, mais sans doute un des plus mauvais film. Échec complet. Pour ne pas avoir l’air de bouder les nains et les handicapés, les critiques serviles font des compliments sur les effets spéciaux.

***

Le sujet des « nains » est tout autant casse- gueule que celui des « handicapés » moteurs.

Rappel : armageddon-ricky-gervais-gags-provocateurs-et-rire-intelligent

Handicap et disabled.

Dans son spectacle Gervais démontre que nos moralistes se payent encore de mots, avec ce « disabled » en lieu et place du classique « handicapé » (pour une fois le sous-titrage rame). Une variante du verbiage substitutif, comme pour cet atroce « faire société » avec des « techniciennes de surface » « black » (on ne dit plus noir). Les rieurs sont de son côté.

Et juste après, il peut se montrer affreusement dur avec un tout petit handicapé, fortement diminué, voire retardé, sous prétexte que celui-ci peut aussi être raciste, misogyne… Ce spécimen là aurait toutes les tares qu’habituellement les wokes reprochent à leurs dissemblables blancs, mais là il va bientôt mourir. Et là on est feinté. Qui est le méchant dans l’affaire ?

Et que dire de cette marotte woke qui voudrait qu’un handicapé soit joué par un handicapé, un noir par un noir (euh, là on peut comprendre), la blanche Cléopâtre par une noire (euh?)… un tuberculeux par un tuberculeux, un lépreux par un lépreux… (ça c’est de moi qui le rajoute. Un médecin fait avec ce qu’il a !).

L’humoriste nous sert une belle leçon, avec le cas de Anthony Hopkins dans «Le Silence des agneaux», film dans lequel ce comédien incarne un tueur en série cannibale. Mais rassurez vous dans la vie, il n’a jamais mangé personne dans la vraie vie, nous dit Ricky Gervais. C’est bien de clarifier les choses.

Et puis il y a un paradoxe pour cet handicapé qui jouerait intégralement le biopic d’une personne, qui doit son problème à un accident survenu sur le tard. Il aurait du mal à interpréter l’individu qui était « normal » lors de la première partie de sa vie. C’est violent, mais tellement vrai. Démonstration par l’absurde, je vous avais prévenu.

Ne jetez pas vos nains, ils peuvent avoir de la valeur.

Le jeter de nain est interdit en France. Et il y a plein de bonnes âmes pour les défendre… contre leur gré.

  • « Après les tigres, ils voudront la peau des nains » : Passe-Partout et Passe-Muraille de Fort Boyard s’indignent qu’on mette en cause la source de leur revenu.
  • Vraiment une « Mauvaise-Passe », pour « la personne de petite taille », Stéphanie Lhorset, qui vient d’arriver dans l’émission. Elle n’accepte pas qu’on remette en cause sa participation.

Gervais titille ces « bonnes consciences », qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Il nous parle de Dinklage qui vaut de l’or en opposition aux autres nains juste bons à faire de la chair à canon… de cirque. Prenez garde, c’est un contrepoint audacieux, voire téméraire, pour cette société libérale britannique qui flatte la réussite par dessus tout. Il y a plus que du deuxième degré la dessous.

  • Le tout petit et talentueux Peter Dinklage sera l’acteur le mieux payé du monde en 2024 (Dinklage a déjà amassé 58 millions d’euros entre décembre 2022 et décembre 2023) – C’est à la « hauteur » du personnage. Aucune raison de nous faire le coup de la pitié et d’un traitement supposé inhumain de par son exposition permanente au cinéma.

Zero (film, 2018)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *