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‘MY OBSESSION’ (1967)

Sur notre site frère (ou sœur, ou transgenre… hum) nous avons démoli un documentaire qui lui est consacré :

« Il n’a vraiment rien à dire. Il est timide plus que de raison, ce qui est un sérieux handicap quand on a des milliards de fans. Même après ces gigantesques concerts, le soir il se réfugie tout seul dans sa chambre. Fin de communication. »

Et en ce qui concerne ses « dons » supposés pour la percussion, Louis Nadau achève Charlie Watts ainsi :

« Magnifier le talent individuel de Charlie Watts est absurde. Le batteur des Stones incarnait au contraire, au plus haut point, l’idée que la médiocrité solitaire peut se fondre en génie collectif. »

***

Passons à présent à une approche plus clinique :

Je mets de côté ici le cancer de la gorge qui l’a emporté en 2004. Il a toujours cherché à cacher cette pathologie. Il a subi entre autre, de radiothérapie et de la chirurgie. Et les médias du monde entier nous bassinent avec ce faux message comme quoi « il se serait battu » contre la maladie. On ne se bat pas tant que cela contre un cancer. Mettre des gants de boxe ou de la détermination n’a pas d’incidence sur le devenir de ces petites cellules sans foi ni loi régulière. On montre juste de la résilience, de l’obéissance à l’équipe médicale, de l’acceptation des soins proposés… Et si l’on doit se battre c’est contre l’inertie du système, la routine parfois non adaptée, la mauvaise planification proposée, les retards accumulés, des faiblesses de l’équipe soignante ici où là (rares). Vous voyez on est loin des clichés et de cette pensée paralogique qui voudrait que la « volonté » soit la solution. C’est prendre les choses à l’envers. Cette « volonté » qui n’est que celle de vivre, est confortée par les progrès thérapeutiques, la baisse des effets secondaires. Cela ne marche pas dans l’autre sens.

Timidité maladive et tocs.

Chez lui tout est parfaitement rangé rien ne traîne il passe son temps à remettre les choses en place et même quand il est en concert il lui arrive de se baisser pour enlever une minuscule poussière. Ce trouble obsessionnel compulsif est à moindre mal chez ce groupe.

Reprenons les termes du Pr Henri Ey :

La névrose obsessionnelle se définit par le caractère forcé (compulsionnel) de sentiments, d’idées ou de conduites qui s’imposent au sujet et l’entraînent une lutte inépuisable, sans qu’il cesse pourtant de considérer lui-même ce parasitisme incoercible comme dérisoire. D’où les caractères classiques des obsessions: incoercibilité, automatisme, lutte et conscience de la maladie.

Mais la névrose obsessionnelle doit se définir aussi par la structure propre de la personne de l’obsédé entièrement soumise aux obligations qui lui interdisent d’être lui-même.

La névrose obsessionnelle est caractérisée cliniquement :

1° par l’émergence de phénomènes obsessionnels (obsessions de la propreté, de l’infini, de la culpabilité, de la vérification, etc.) qui portent sur telle ou telle idée, représentation ou situation érigée en préoccupation exclusive ;

2° par les moyens de défense de l’obsédé contre sa propre obsession, moyen qui deviennent à leur tour obsédants (Cette expression « moyens de défense » est employée par les psychiatres classiques en un sens différent de celui des « mécanismes de défense » des psychanalystes ; elle vise non pas des mécanismes inconscients, mais les trucs et stratagèmes dont use consciemment l’obsédé

pour lutter contre son obsession) ;

3° par une forme de troubles intellectuels et affectifs (doute, aboulie, perplexité, sentiment d’irréalité, d’étrangeté ou d’artifice) qui constituent les stigmates psychasthéniques (Janet) de l’obsédé.

Conclusion, Charlie Watts n’est pas tout cela. On est un cran en dessous, on parle alors de personnalité obsessionnelle.

Personnalité obsessionnelle.

Version MSD à présent :

Attention portée sur l’ordre et le perfectionnisme

Les personnes atteintes de trouble de la personnalité obsessionnelle compulsive sont préoccupées par l’ordre, le perfectionnisme et le contrôle de soi et des situations. Pour garder l’impression d’avoir le contrôle, les personnes se concentrent sur les règles, les détails triviaux, les procédures, les horaires, et les listes. Cette préoccupation interfère avec leur capacité à être flexibles, efficaces, et ouvertes à des idées nouvelles. Elles sont rigides et obstinées dans leurs activités, et insistent pour que tout soit fait d’une manière particulière.

Simples penchants pour la rigueur, la propreté et la « bonne tenue » ?

Les 200 costumes sur mesure de Savile Row + d’innombrables chaussures faites mains.

On descend donc encore d’un cran dans la « pathologie ». D’ailleurs on peut dire qu’on en sort.

Cela si son « obsession » ne concerne que celle des costumes old school et la collectionnite d’instruments et objets ayant appartenu à des musiciens.

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-mentaux/troubles-de-la-personnalit%C3%A9/trouble-de-la-personnalit%C3%A9-obsessionnelle-compulsive-tpoc

https://www.marianne.net/culture/musique/rolling-stones-charlie-watts-plus-mauvais-des-grands-batteurs

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