0 3 minutes 1 mois

Les récits de Bukowski ont souvent une belle part autobiographique. Mais là, avec cette troisième partie traitant de la transposition cinématographique de Amour, chien de l’enfer, on prie pour qu’il n’y ait aucune part de vérité et d’expérience personnelle.

Avec cette affaire d’amour avec une morte, on est dans la plus profonde désespérance.

Le pauvre Voss, onaniste frustré à 12 ans, affreusement pustuleux au sortir des études, est à présent un paumé en déshérence. Un clodo pour dire les choses crûment.

Sans le sous, il fréquente un bar miteux, fréquenté par les moins que rien alcoolique. Alcoolique comme Bukowski d’ailleurs.

Il y rencontre un vieux pote. Ils parviennent à subtiliser une bouteille de whisky (encore ce breuvage!) Et ils iront se beurrer dans un squat. Mais chemin faisant, ils tombent sur un véhicule funéraire. Profitant d’un aller retour des préposés, ils subtilisent le cadavre. C’est une sorte de défi ultime chez cette lie de la terre qui côtoie le pire.

Voss a une mauvaise idée qui lui parcourt la tête. Toujours cette obsession de la sexualité. Encore une particularité que partage Bukowski. Mais là c’est l’ultime tabou.

Les auteurs ont beau essayer de tempérer la chose, en nous faisant découvrir une jolie jeune femme morte et néanmoins toute « fraîche » quoiqu’encore « chaude » nous dit-on. Cela a du mal à passer, surtout avec l’épreuve nauséeuse précédente (les pustules).

Ce qui ne devrait pas arriver, arrive.

Voss profanateur de cercueil se livre à sa petite affaire avec le cadavre. Il est d’ailleurs pris d’une sorte de bonheur poétique, avec la « meilleure femme » qu’il ait rencontré. Cela se terminera par un « mariage » solennel. Une union dans la mort. Je ne pense pas que la fille ait été consentante.

Cet acte insoutenable ne serait pourtant pas catalogué explicitement par la loi. Non, non, non… je passe mon tour.

Nécrophilie.

Le concept a été long à mettre en place. Cette « phrénopathie » était considéré d’abord comme une facétie ou un substitut de la masturbation, chez des malades mentaux sérieusement atteints.

L’idée d’une préférence pour la relation avec un cadavre, plutôt qu’un pis-aller, est venue plus tard.

Le concept cavalera désormais comme par exemple avec cette approche « Vampirisme : nécrophilie, nécrosadisme, nécrophagie ».

L’idée du consentement « tacite » et du shunt des approches parfois difficiles, donnent un autre éclairage. Il faudrait parler ici de ces étranges tueurs en série qui se livrent à la nécrophilie, mais qui ressentent aussi de la satisfaction sexuelle lors de la mort lente et programmée de leur cible. Un fantasme de domination totale, chez des êtres le plus souvent frustrés et frustres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27amour_est_un_chien_de_l%27enfer_(film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Bukowski

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *