0 4 minutes 2 mois

Conte par Basil’s Highbone

Que fait la médecine sans l’esquisse de l’ébauche de l’embryon du début d’un essai d’informatisation… mais qui a empoché la prime ?

Eh bien, elle dépense sa prime en produits illicites qui font voir une malheureuse carte vitale sous des traits hallucinés… et elle pense. Agitée de remords? Çà vient ces frites?

***

Ca y’est, elles arrivent (les cartes vitale patient)

D’un vert fluo, bardées de puces électroniques, recouvertes de hiéroglyphes abscons, sous le sceau secret d’une secte spécieuse. Marx attaque, pas Karl, Groucho.

Et en plus elle veut me payer avec…

Comme dit une de mes patientes, grande arpenteuse de trottoir, « faudrait pas prendre ma fente pour une tirelire !! »

Présentée à bout de doigts, comme une sainte hostie, par une patiente persuadée détenir le sésame ultime d’un avenir médico-économique radieux ; elle m’hypnotise tel le cobra une mangouste hypothyroïdie.

Ma brave ménagère de 50 ans n’a même pas remarqué que sur le ready-made IKEESQUE qui me sert de bureau, il n’y a rien qui ressemble de près ou de loin à l’esquisse de l’ébauche de l’embryon du début d’un essai d’informatisation.

Je sens le rouge de la honte m’enflammer les joues et m’inonder les aisselles. Oui, j’ai pris les xxx euros… Non je n’ai pas utilisé la manne étatique à ce qu’un civisme citoyen attendait, mais à me vautrer dans le stupre et la luxure d’un hédonisme avilissant.

Je lui bredouille, alors, bégayant de culpabilité, le plan foireux d’une hypocrite excuse de lecteur de carte non encore agréé par la pléthorique, mais incompétente, administration – dont je me rappelle trop tard qu’elle fait solidairement partie, par mari interposé -.

Populisme

Je détourne, alors, mon tir sur la cible facile et populiste des mystérieux concepteurs, disciples de Nicolas Flamel et de Cagliostro, énarques khâgneux, qui nous ont pondu cette succession de :

* carnet médical pour les plus de 70 ans avec contrat de suivi, honoré par un forfait, dont j’attends le règlement en même temps que les emprunts russes, hérités d’une grande – tante « prévoyante ».

* carnet de santé démocratiquement jeté dans nos boîtes aux lettres, parfois échappé au zèle d’un tri sélectif anti publicité des V.P.C, oublié au fond du tiroir du buffet avec la garantie du magnétoscope, rarement recouvert de signes confraternellement indéchiffrables, au cas où cette grosse vache changerait de médecin ou porterait plainte…

* carte Vitale 1 aussi unique dans la famille que la zapette, donc source de conflit et d’oubli. Bourrée d’informations aussi indispensables qu’un commentaire de Thierry Roland, lors d’une réception à l’académie française, car elle ne nous dira en fait, que : « docteur, je suis couverte par mon mari » (merci Viagra).

J’imagine l’œil soupçonneux, malgré la cataracte sénile, de nos mamettes, quand, au lieu de la bonne grosse feuille de maladie, je lui tendrai une « facturette » en tentant de lui expliquer qu’elle se fera directement rembourser par la caisse.

* cartes vitales 2 puis 3…

Le jour où ça marchera, je serai télépathe et je n’aurai plus besoin de toute cette quincaillerie, j’aurai ouvert un cabinet d’astrologie-voyance-retour d’affection-numérologie de la chance- désenvoûtement -défiscalisation. Et, cerise sur le gâteau, signe incontestable d’une réussite totale, comme me le disait un de mes patients, guérisseur dans le Gers :

« Une baraque de frites sur le parking aménagé pour les cars devant ton cabinet !!! »

Fin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *