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On ne présente plus BASIL’S HIGHBONE. Grand auteur qui a su mettre Céline dans nos assiettes.

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Basil’s highbone ne boit pas que de l’eau, comme son nom l’indique. S’il se complaît dans la luxure (péché par pensée) avec ses petites copines de FMC, s’il se vautre dans le sarcasme sur la carte sesam vitale et le carnet de santé, c’est pour votre bien. Ses expériences ultimes, il les fait pour une certaine idée de la médecine. Hic!

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Je les ai éduqués, ils ne disent plus : « bonjour docteur ! », mais :  » mes respects mon référent ! [médecin traitant] « 

J’ai troqué mes jeans Calvin Klein, trop démagos, pour l’austère soutane noir de clergyman, taillée à Savile Row, avec col empesé.

J’ai hésité, mais je n’ai pas pris l’option cilice de mortification, que proposai le syndicat comme sous-vêtement, tout en gardant le « chat à 9 queues » ou « discipline », pour mes moments de libre.

Le plus contraignant, c’est de supporter la chaleur dégagée par l’ordinateur, le télé-transmetteur, les caméras des caisses, et le grésillement des micros du conseil de surveillance syndical branché en permanence.

Mais avec la ristourne que devrait m’envoyer la caisse pour n’avoir pas dépensé mon crédit de génériques, je vais m’acheter un ventilateur à 2 vitesses devant lequel je placerai un pain de glace.

Il faut dire que j’ai eu de la chance, j’ai récupéré une secte écolo-millénariste qui interdit à ses adeptes tout autre traitement que la « natura médicatrix », précepte que j’ai encouragé en leur faisant passer des numéros bien choisis de Prescrire et du bulletin de pharmacovigilance de la Kommandantur.

Ma qualification de gériatrie m’a aussi bien aidé, les petits vieux du quartier se sont précipités pour s’inscrire sur mes listes comme les supporters sur la Kro. Je leur ai fait mon grand discours sur le droit de mourir dans la dignité, sur l’euthanasie (l’état nazi ), l’acharnement thérapeutique (papy XXX vous dit merci ).

Nous avons ensemble admis que tous ces médicaments prolongeaient inutilement une vie de souffrance et de dépenses indues, ce qui m’a permis d’arrêter les anti hypertenseurs, les antiagrégants, etc… Tout ceci avec le soutien des enfants qui savent se montrer généreux lors de la liquidation des biens du défunt.

Les caisses de retraite ont, elles aussi, compris le sens de ma démarche, et je suis régulièrement convié à participer à leurs voyages d’étude, sous des cieux où la soutane est plus difficile à porter que le célibat.

J’ai réussi à me faire une bonne liste de correspondants, avec l’aide du Savour-Club et de la Caixa Banco d’Andorre-la-Vieille. J’aime ce travail en équipe, en filière, confraternellement soudée par des intérêts communs : LES MIENS !!!

Tous les 3 mois je pars faire un stage de Formation Professionnelle Continue, rue Lauriston, où je le sais, je suis bien apprécié pour mes résultats mais aussi pour les petites informations glanées sur des confrères inciviles, non inscrits au Syndicat.

Je ramène, alors, mon brevet de recertification, avec un petit mot manuscrit de félicitations de l’oberfurher, que j’affiche, non sans une certaine vanité, dans ma salle d’attente.

En bref, LA VIE EST BELLE………

BASIL’S HIGHBONE

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